mercredi 12 décembre 2007

... ( texte non censuré )

20 Heures. L’habituel petit générique de présentation débute, s’ensuit alors un défilé d’images. La voix du journaliste se veut grave ; un attentat vient de faire une vingtaine de victime au nord de ... ( est-ce nécessaire de préciser le pays ? Une vie reste une vie, quelque soit l’endroit ). Sur l’écran, les couleurs s’entremêlent et dansent, passant du gris cendre au rouge sang. Les scènes s’entrechoquent. Quelques ombres errantes, des corps en gros plan, des témoignages, des larmes... et la mort.

A côté de moi, également spectatrice de ce funeste spectacle, ma jeune cousine s’interroge : "Il faudrait penser à une signalétique + 12 ou + 16, comme dans les jeux vidéo".

Dubitatif, je lui réponds ( après d’intenses minutes de réflexion ) : "C’est différent... les téléspectateurs du JT sont plus intelligents, plus matures aussi que les joueurs. Ils peuvent être interpellés de la sorte. Les joueurs, eux, sont beaucoup trop déconnectés de la réalité ; on ne peut décemment pas leur proposer quelque chose de trop dérangeant".

Insistante, elle se tourne vers moi : "Tout de même ! Pourquoi ils ne font pas comme l’éditeur Rising Star Games avec la version européenne de No More Heroes* ( cf. Oh, More Heroes ) ? Pourquoi ils ne colorent pas le sang en noir ( ou vert ), pour rendre le tout moins violent ?"

( silence accablant )

"Tu veux pas plutôt continuer de regarder les morts à la télé ?"


* je sais, cette petite est, pour son âge, très bien informé.

mardi 11 décembre 2007

Oh, More Heroes

Dans l’industrie vidéoludique, il existe quelques développeurs qui, sous couvert d’une réelle démarche personnelle et artistique, proposent des œuvres véritablement ( très ) conceptuelles... et souvent incomprises ; heureusement, certains récidivent, en dépit de ces considérations. Goichi Suda, surnommé Suda 51 ( 51 pouvant se prononcer "go-ichi" en japonais ), est de ceux-là. A la tête du studio Grasshoper Manufacture, il est en effet le fantasque créateur de titres particulièrement... particuliers :

Killer 7, entre autre, sorti en 2005 sur Game Cube et Playstation 2. Un jeu d’action à l’esthétique épurée mais recherchée, qui s’appuie sur une mise en scène très travaillée et un scénario fouillé avec plusieurs niveaux de lectures ; le joueur y incarne Harman Smith, un personnage en fauteuil roulant ( ! ) possédant 7 personnalités distinctes ( dont une qui jure vouloir tuer Harman ) et obsédé par la destruction de son ennemi Kun Luan.

No More Heroes également, disponible depuis peu, au Japon, sur Nintendo Wii, et visuellement unique ( à l’image de Killer 7 ) qui narre l’histoire de Travis Touchdown, dont le but avoué est de devenir numéro 1 des meurtriers ; plutôt que de miser sur une violence malsaine et/ou réaliste, le titre joue sur une ambiance décalée et une extravagante galerie de personnages.

Et l’individu ne compte pas s’arrêter là !
Interrogé récemment par le site japonais Dengeki Online, à l’occasion justement de la sortie de No More Heroes, Suda 51 s’est déclaré intéressé par le développement sur X-Box 360, précisant, je cite "dans la mesure où il s'agit de la console principale aux Etats-Unis, je le ressens comme une sorte de challenge, un peu comme si j'entrais en Major League". Si il n’a évidemment apporté aucunes autres précisions, du fait de la précocité de l’annonce, il y a fort à parier qu’il n’hésitera pas à jouer, une nouvelle fois, la carte de l’audace et ( surtout ) de la créativité.

Ce qui changera des "mises à jour" apportées chaque année par d'autres...

mercredi 5 décembre 2007

Combien la pige ?

L’indépendance de la presse est parfois mise à mal et la petite information qui va suivre ne tendra pas à infirmer cela.

La semaine dernière, Jeff Gerstmann, rédacteur depuis 11 ans pour le site américain Gamespot, s’est vu remercier de manière si soudaine que certains ( n’en déplaise à ce site ) ont de suite avancés, officieusement bien sûr, des raisons particulièrement contraires à l’éthique journalistique. Il se murmure en effet que la virulente ( mais pas forcément infondée ) critique faite par Jeff dans un test consacré au jeu Kane & Lynch, édité par Eidos, serait à l’origine du contentieux.


Rien d’officiel mais les modifications apportées depuis au dit-test sont telles qu’elles prêtent à la suspicion ; l’éventuelle pression de l’éditeur est supposé. Pire, le démenti officiel qui a suivi ne revient absolument pas sur les raisons de son éviction, prétextant simplement que, je cite, "Le départ de Jeff est motivé par des raisons internes qui n'ont rien à voir avec nos relations commerciales".

Alors certes, si cette histoire n’est pas, je vous l’accorde, une information concernant "directement" l’actualité vidéoludique, elle est, de manière indirecte, le reflet de ces enjeux économiques désormais imposés par l’industrie. Et la réflexion qui ne manquera pas d’effleurer les esprits taquins :

Combien ils prennent pour un bon test ?

Yoichi a parlé

Fréquemment, les analystes s’empressent d’annoncer, à qui veut l’entendre, les futures tendances du marché. Pas toujours justes, parfois même à côté de la plaque, leurs propos imposent, souvent, le débat. A côté de ça, de manière moins régulière ( certainement pour des contraintes économiques ), et pourtant tout aussi intéressants, les commentaires des acteurs de l’industrie vidéoludique, développeurs comme éditeurs, qui sont, comme pour les analystes, sujet à discussion.

Dernier exemple en date, Yoichi Wada, président du groupe Square-Enix, qui, interrogé par le site CNET Japan, propose sa vision actuelle et future du marché. Il fait part, dans un premier temps, de ses doutes concernant l’orientation de Sony et de sa Playstation 3. Véritable console de jeu ou "simple" appareil de haute technologie ? Il souhaite que le constructeur précise clairement sa position. Ensuite, il indique que la X-Box 360 est LA machine des hardcore gamers. Tout le contraire, selon lui, de la Nintendo Wii qui connaît un grand succès parce qu’elle se destine justement à des joueurs plus occasionnels.

Concernant les consoles portables, il semble optimiste pour la PSP, dont l’espace de stockage se prête bien mieux au téléchargement de contenu par rapport à la DS ; car, bien que toujours confiant dans l’avenir du commerce réel, il pense que l’importance des contenus téléchargeables sera croissante. Mais globalement, et fort logiquement ( du fait de la présence de Square-Enix sur tous les supports ), il conclut en se déclarant satisfait du marché actuel.

En clair ( preuve que je me suis bien embêté à développer ), la PS3 est dans le flou, la console de Microsoft est pour les vrais joueurs, la Wii, pour le grand public et la PSP, c’est un peu mieux que la DS, mais, au final, tout cela importe peu parce qu’il est quand même bien content.


Elle est pas belle la vie ?

lundi 3 décembre 2007

1 + 1 = 1

Pour grandir et devenir Super, il suffit à Mario d’avaler un champignon. Pour l’industrie vidéoludique, c’est... un peu différent. Pour preuve, cet exemple très récent :

Vivendi, poids lourd du divertissement, et Activision, développeur récemment promu leader du marché américain ( cf. Save the music ), viennent de signer un accord visant à rapprocher Vivendi Games, filiale Vivendi spécialisée dans les jeux, et Activision. Dorénavant appelé Activision Blizzard, ce géant, qui regroupe à présent un catalogue de très ( très ! ) fortes licences ( Call of Duty, Guitar Hero, World of Warcraft, Diablo ) devient ( évidemment ) l’éditeur-tiers numéro un sur le marché.

Cette annonce, qui risquent d’en étonner certains, répond finalement ( et malheureusement ? ) à une logique de croissance toujours plus soutenue du secteur ; sans compter les coûts de développement désormais imposées par la réalisation de gros titres. Reste maintenant à répondre à une question...

Quels seront les prochains sur la liste ?